LAPACHO : ANTI-CANCER, ANTI-CANDIDA ALBICANS

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Connaissez-vous ce grand arbre qui fait de magnifiques fleurs roses ?

Il pousse en Amérique du sud et on parle beaucoup ces derniers temps. Il s’appelle le lapacho, ou pau d’arco, ou taheebo.

Christophe Bernard Herbaliste va vous aider à y voir plus clair parmi toutes les promesses que vous avez vu ici et là. Vous avez peut-être vu que c’est un arbre anti-cancer par exemple. Vrai ou pas vrai ?

Christophe Bernard va essayer de rendre les choses le plus clair possible, mais au final comme vous le verrez, il y a quelques nuances à comprendre.


Un peu de botanique

Le lapacho est un grand arbre (il peut dépasser 30 mètres de hauteur) qui pousse dans la forêt tropicale et subtropicale de l’Amérique du sud. Vous allez le trouver depuis le Mexique jusqu’en Argentine. C’est l’arbre emblème du Paraguay.

C’est un membre de la famille des Bignoniaceae, qui contient aussi la bignone que vous connaissez peut-être.

L’arbre appartient au genre Tabebuia. Il y a plusieurs espèces de Tabebuia qui sont utilisées dans les traditions locales d’Amérique du Sud. Mais l’espèce qui est considérée comme active aujourd’hui, c’est Tabebuia impetiginosa. On utilise parfois le nom Tabebuia avellanedae, qui est synonyme, on parle ici du même arbre.

L’arbre fait de grandes fleurs de couleur rose, vraiment magnifiques, en forme de trompette. Au moment de la floraison on est frappé par cette gigantesque masse de couleur.  Les feuilles sont palmées, avec 5 folioles.

Aujourd’hui, on va vous vendre soit l’écorce, soit l’aubier en fonction des herboristeries.

Lapacho ou Pau d'Arco (Tabebuia impetiginosa)


Historique et tradition

Le lapacho a été utilisé pendant plus de 1000 ans par les peuples indigènes du Brésil. Nous avons aussi un long historique du côté de la Bolivie, du Paraguay, de l’Argentine. C’était une plante très utilisée par les Incas.

Les utilisations traditionnelles sont nombreuses, diverses et variées. Je vous en donne quelques-unes : pour les fièvres, la malaria, les brûlures d’estomac, les problèmes urinaires, la syphilis, les infections aux trypanosomes (1).

On l’utilisait aussi en cataplasme ou compresses pour tout type de problèmes de peau – eczéma, psoriasis, infections fongiques et bactériennes, etc (2). Cette liste a l’air un peu fouillis à première vue, mais on voit apparaître un profil ici de plante antibactérienne, antivirale et antifongique (propriété qui a été largement confirmée par la suite).


Attention à ce que vous achetez…

Premier point important à retenir : dans la tradition, on utilise une décoction de l’aubier, pas de l’écorce. L’aubier est la couche qui se trouve sous l’écorce.

Chez nous (France), on va parfois vous vendre l’aubier, et parfois l’écorce. L’écorce est marron bien foncée, l’aubier est plus clair. L’écorce est considérée comme inerte par les locaux, ce n’est pas pour rien qu’ils utilisent l’aubier.

Mais voilà, l’écorce est plus facile à obtenir. J’admets que l’on vende l’écorce pour les infusions « plaisir » – on le boit un peu comme le rooibos. Mais pour les propriétés thérapeutiques, il faut rechercher l’aubier.

Deuxième point, basé sur une étude des différents produits sur le marché Canadien effectuée en 1994 (3), on voit qu’il y a une énorme différence entre les différents produits du marché. Certains contiennent les constituants qui nous intéressent (voir plus bas), et d’autres n’en contiennent quasiment pas. Les produits sur le marché brésilien étaient largement plus actifs.

Probablement une histoire de circuit court par rapport à un circuit d’exportation beaucoup plus long, le fait que peut-être la plante vieillit mal.

Donc lorsque vous vous retrouvez avec une écorce, et pas un aubier, et qui a suivi un circuit long, franchement, vous n’êtes absolument pas sûr de la force thérapeutique de votre lapacho.

Et ça, ça dure depuis des années, le marché vous fournit une plante de qualité très aléatoire. On en trouve de très bonne qualité dans les pays où pousse l’arbre. Je crois comprendre qu’on en trouve de très bonne qualité au Portugal car c’est un pays qui s’intéresse au lapacho depuis pas mal de temps. Mais ailleurs, c’est plus compliqué.

Lapacho ou Pau d'Arco (Tabebuia impetiginosa)


Effet anti-cancer

Tout l’engouement pour la plante démarre dans les années 1960 à Sao Paulo au Brésil. À l’époque, des médecins prescrivent des décoctions d’aubier de lapacho a des patients souffrant de cancer en phase terminale.

Tout ceci se passe à l’hôpital Santo André à Sao Polo. Basé sur les observations des médecins et des pharmaciens de l’hôpital, le lapacho semble vraiment efficace pour améliorer la situation du malade et faire régresser la maladie.

L’un des docteurs, le professeur Accorsi, explique que le lapacho élimine la douleur provoquée par le cancer et augmente la quantité de globules rouges chez le patient.

Le magazine brésilien « O Cruzeiro » commence à en parler. Tout ceci s’ébruite, à la surprise du management de l’hôpital. L’histoire commence à prendre beaucoup d’ampleur. Et soudainement, à l’hôpital, on ne sait plus rien sur le lapacho. Tout le monde est devenu amnésique ! On ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien affirmer.

Je ne vais pas rentrer dans les théories du complot car ce n’est jamais constructif. Mais je peux vous dire qu’il y a une vraie saga autour de cette affaire. De plus, tout à coup, on commence à exporter des cargaisons entières de lapacho vers les pays comme les États-Unis qui veulent utiliser l’arbre un peu comme la plante miracle. Bienvenue au mercantilisme des bonnes herbes, il faut vous y habituer car cela arrive régulièrement aujourd’hui.

Mais retour aux années 1960. Suite aux travaux de l’hôpital Santo André, des chercheurs identifient deux substances : le lapachol et la béta-lapachone. En fait, ils vont identifier de nombreuses substances, mais ils vont tout miser sur ces deux, avec cette obsession du composant actif que l’on connait bien.

Ils démontrent que ces substances sont actives contre certains types de cancers : les carcinosarcomes, les lymphosarcomes, la leucémie. Tous les tests, qui se déroulent dans les années 1970 et 1980, sont fait sur animaux ou in-vitro. Et on voit clairement que ces 2 constituants isolés provoquent la mort, ce qu’on appelle l’apoptose, de la cellule cancéreuse.

 

Lapacho ou Pau d'Arco (Tabebuia impetiginosa)

La grande question bien sûr : qu’en est-il au sujet des études effectuées sur humain ?

Nous avons tout d’abord l’expérience du professeur Accorsi et de son équipe. On n’a pas beaucoup de données sur la quantité prise, mais il semble que ce soit tout simplement la décoction de l’aubier, prise tous les jours pendant plusieurs mois. Ce qui gêne (hélas) dans cette histoire, c’est que ce n’est pas du double aveugle avec placebo, c’est purement de l’observation.

Ensuite nous avons une étude en 1967 au centre de recherche sur le cancer de Baltimore aux États Unis (4). L’étude est faite sur 21 patients qui souffrent de leucémie et à qui on donne du lapachol (pas du lapacho), on parle ici de la molécule isolée.

Malheureusement, l’étude doit être stoppée car aux doses données aux malades, qui varient entre 250 et 500 mg de lapachol (des doses considérées efficaces basé sur les études effectuées sur les souris), on note un effet anticoagulant trop élevé et on ne veut pas risquer l’hémorragie chez ces personnes.

Il y a aussi des problèmes de nausées et de vomissement. Donc les chercheurs décident d’arrêter l’étude.

Une autre étude faite dans les années 80 utilise des doses journalières de 20 à 30 mg de lapachol par kg de poids, ce qui fait des doses largement supérieures à l’étude précédente. C’est une petite étude faite sur un nombre limité de patients, et les chercheurs constatent qu’il y a une réduction de la taille des tumeurs et de la douleur chez 9 patients, une rémission complète chez 3 patients et 3 autres patients doivent arrêter à cause des nausées et vomissements. Donc là encore, très intriguant.

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(pour obtenir des informations sur la formation, téléchargez d’abord votre livret gratuit ici)Depuis, plus d’études sur le sujet ! (cela vous surprend ?) Donc nous n’avons pas vraiment le tampon officiel de l’étude en double aveugle avec placebo. Et au rythme où vont les choses, je peux vous dire qu’on ne l’aura probablement jamais.

 

Franchement, basé sur toutes ces données, il semble qu’il y ait vraiment quelque chose d’intéressant avec le lapacho. Personnellement, dans le contexte du cancer, si j’avais accès à un lapacho de qualité, j’utiliserais probablement les dosages traditionnels (j’en reparlerai un peu plus bas).

Je pense que c’est une plante à considérer pour soutenir le système, pour l’aider à faire face à la maladie. Pas une panacée, pas une plante miracle, mais un peu comme l’artemisia annua dont je vous ai parlé dans une autre vidéo.

En revanche, je ne suis absolument pas convaincu que ces dosages, avec les produits d’importation qu’on utilise chez nous, soient suffisants pour un effet thérapeutique. Retour donc à une problématique d’approvisionnement et de marché.


Autres propriétés

Voici des propriétés un peu plus simples à comprendre, un peu plus classiques, pour lesquelles le lapacho peut être très utile :

☀︎ Les infections fongiques de type candida albicans, infections buccales, vaginales, intestinales. Et là je vous parle des formes diagnostiquées et pas de la frénésie que l’on voit sur internet où tout est la cause du candida albicans, y compris l’augmentation des taxes. On va prendre la forme décoction, appliqué localement à l’aide d’un tampon si candidose vaginale, en bain de bouche si candidose buccale, et on va aussi boire la décoction.

☀︎ Tout type d’infection de peau, blessure, en application locale. Le lapacho est antimicrobien et antifongique et l’utilisation ancestrale est bien établie de ce côté-là, en particulier dans des régions tropicales où la moindre piqûre ou écorchure peut vite devenir infectée.

☀︎ D’une manière générale on voit une forte activité antibactérienne, antiparasitique et antifongique par contact. Activité contre le staphylocoque doré (5) y compris les souches résistantes aux antibiotiques, donc intéressant s’il y a infection que l’on peut atteindre par contact. Il faut pouvoir appliquer le lapacho in-situ. Activité contre helicobacter pylori démontré in-vitro (6), et vu qu’il y a contact dans l’estomac avec la bactérie lorsque l’on boit la décoction, cela peut fonctionner pour les problèmes d’ulcère provoqués par l’helicobacter.

☀︎ L’aubier a des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires intéressantes. On pourrait donc l’utiliser un peu à la manière du thé vert ou d’autres plantes dont je vous ai parlé dans d’autres vidéos, rien de trop exceptionnel ici, nous avons des plantes plus locales qui peuvent jouer ce rôle.

Nous avons d’autres propriétés mais je vais m’arrêter car j’ai couvert les principales.

Lapacho ou Pau d'Arco (Tabebuia impetiginosa)

Écorce, et non aubier, de lapacho

Préparations et dosages

On utilise l’aubier, ceci est important si on veut une action thérapeutique.

Les dosages traditionnels sont d’environ 15 à 20 g par litre, ce qui fait environ dans les 4 à 5 g par tasse à thé (250 ml). On fait une décoction de 5 à 10 minutes puis on laisse reposer encore une quinzaine de minutes. Vous verrez d’autres dosages pour ceux qui l’utilisent comme infusion plaisir, ce n’est pas pareil, ici on parle d’un dosage thérapeutique.

Le problème, à ces doses, c’est le goût. La décoction n’a pas vraiment un mauvais goût, c’est un goût boisé, y a un petit goût de vanille, et c’est vrai que ça rappelle un peu le rooibos. Mais certaines personnes s’en lassent vraiment vite, ça devient nauséeux, tout va dépendre de votre sensibilité à ce goût. On peut doser beaucoup moins concentré évidemment, mais on s’éloigne de la dose efficace définie par la tradition sud américaine.


Précautions

  • A ne pas consommer si vous êtes enceinte ou allaitante ;
  • Contre-indiqué si vous prenez des anticoagulants vu que certains constituants isolés de la plante ont un effet fluidifiant sanguin ;
  • Effet nauséeux lorsque prise au long terme, pas chez tout le monde, cela dépend votre sensibilité.

On sait que les constituants isolés (lapachone et béta-lapachol) ont une toxicité lorsque utilisée à forte dose. Mais l’utilisation de la plante entière, aux doses traditionnelles, ne présente aucun risque de toxicité d’après les experts (ex : Simon Mills & Kerry Bone) ou les autorités de santé du Brésil.

Lapacho ou Pau d'Arco (Tabebuia impetiginosa)

Écorce, et non aubier, de lapacho

Aspect écologique

Je finis par ce dernier point qui est très important.

De nombreuses exportations de lapacho proviennent de la déforestation au Brésil. On coupe les arbres, on utilise le bois pour l’industrie et au passage on récupère l’aubier… et l’écorce tant qu’à faire, ce n’est pas la partie qu’on devrait utiliser mais bon, c’est du commerce.

Certains m’ont dit « tu sais, ces arbres sont de toute façon abattus, donc autant profiter de l’écorce« . Cela me dérange énormément. Je refuse d’alimenter ce circuit-là.

J’en ai utilisé dans le passé car j’ai travaillé avec des personnes qui habitent en Amérique du Sud et qui utilisent la plante, elle appartient à leur tradition.

Et il y a probablement une manière écologique d’utiliser l’arbre lorsqu’il pousse localement pour conserver la forêt. Mais aujourd’hui, dans le contexte de la mondialisation, c’est plus compliqué.

Si vous en achetez, demandez à votre fournisseur si le lapacho provient d’un commerce éthique, équitable, écologique. Mais je pense que ça risque d’être compliqué…


Références

(1) Gómez Castellanos JR, Prieto JM, Heinrich M. Red Lapacho (Tabebuia impetiginosa)–a global ethnopharmacological commodity? J Ethnopharmacol. 2009 Jan 12;121(1):1-13.

(2) Suo M, Ohta T, Takano F, Jin S. Bioactive phenylpropanoid glycosides from Tabebuia avellanedae. Molecules. 2013 Jun 24;18(7):7336-45. doi: 10.3390/molecules18077336

(3) Awang DVC, Dawson BA, Ethier JC, et al. Naphthoquinone constituents of commercial lapacho/pau d’arco/taheebo products. J Herbs Spices Med Plants 1994;2:27-43.

(4) Block JB, Serpick AA, Miller W, Wiernik PH., Early clinical studies with lapachol (NSC-11905), Cancer Chemother Rep 2. 1974 Dec;4(4):27-8.

(5) Machado TB, Pinto AV, Pinto MC, Leal IC, Silva MG, Amaral AC, Kuster RM, Netto-dosSantos KR. In vitro activity of Brazilian medicinal plants, naturally occurring naphthoquinones and their analogues, against methicillin-resistant Staphylococcus aureus. Int J Antimicrob Agents. 2003 Mar;21(3):279-84.

(6) Park BS, Lee HK, Lee SE, Piao XL, Takeoka GR, Wong RY, Ahn YJ, Kim JH. Antibacterial activity of Tabebuia impetiginosa Martius ex DC (Taheebo) against Helicobacter pylori. J Ethnopharmacol. 2006 Apr 21;105(1-2):255-62. Epub 2005 Dec 15.

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