un accompagnement qui change tout

18 mar

J’ai ressorti un livre de très grande utilité « cancer un accompagnement qui change tout » il est écrit par deux médecins qui ont bourlingué dans la cancérologie et qui essayent aujourd’hui grâce à leur vécu de combler un manque d’accompagnement dont souffrent les hôpitaux.

Voici une interview d’un des auteurs, menée par Augustin de Livois de l’IPSN

Le Dr Eric Ménat est médecin généraliste, homéopathe, phytothérapeute et diplômé de cancérologie. Il est également membre du groupe Chronimed rassemblant des médecins autour du Pr Luc Montagnier. Avec Alain Dumas, ils ont écrit un livre intitulé « Cancer, un accompagnement qui change tout ! », aux éditions Source Vive (Octobre 2015).

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Dans votre livre, vous proposez un accompagnement très complet des personnes atteintes de cancer: compréhension de la maladie, explication des traitements classiques, alimentation, immunité, hormones, complémentation, mycothérapie, etc. Pourquoi cet accompagnement est-il si important selon vous ?

De façon globale, nous savons qu’il y a de plus en plus de cancers pour des raisons environnementales. Les gens font des cancers plus jeunes, et le taux de cancer a augmenté. On soigne parfois des patients pour trois cancers différents. Ce ne sont pas des récidives, mais des cancers différents.

Contre le cancer, les traitements d’aujourd’hui peuvent être efficaces, mais sont très agressifs. Il convient donc de tout faire pour les améliorer avec des thérapies complémentaires. C’est ce que nous faisons. Ces thérapies ne se font pas au petit bonheur la chance. Il faut connaître la maladie, le traitement médical et le patient.

L’hôpital ne propose pas d’accompagnement, sauf avec des médicaments assez forts comme la cortisone qui peuvent avoir des effets secondaires. On donne des produits de synthèse contre le vomissement qui parfois font vomir, on donne des médicaments pour faire remonter les niveaux de globules blancs qui ont des facteurs de croissance et qui peuvent donc avoir une incidence sur le cancer, etc.

Notre expérience [avec le Dr Alain Dumas] en tant que médecins généralistes est que les patients se portent mieux avec un traitement d’accompagnement. Ils sentent tout de suite la différence s’ils ne prennent pas le traitement d’accompagnement : ils sont fatigués, ils ont du mal à reprendre leur souffle.

Pour autant, il y a peu d’études sur ce sujet. C’est quelque chose qui manque et qui mériterait d’être exploré, notamment en coopération avec l’hôpital.

Comment cet accompagnement est-il perçu par vos collègues de médecine hospitalière ? Dans quel sens les choses évoluent-elles ?

De mieux en mieux. L’homéopathie, la phytothérapie, la nutrition sont moins rejetées par nos confrères hospitaliers. Ils estiment ne pas savoir ce que ces traitements peuvent apporter, mais n’y sont pas hostiles. Il y a même une évolution puisque certains hôpitaux commencent à ouvrir des services de médecine complémentaire. On y trouve des médecins phytothérapeutes, homéopathes, acupuncteurs.

Certains spécialistes s’y opposent, mais c’est rare. Il est évident que le fait que nous soyons médecins et diplômés de cancérologie rassure. Pour autant, nous n’en sommes pas encore au stade où ils nous envoient des patients.

Pour cela, il faudrait qu’ils connaissent mieux nos techniques et qu’un dialogue plus nourri se noue entre hospitaliers et généralistes, même si nous sommes tous débordés ! C’est aussi à cela que sert le livre : faire connaître nos techniques et aider les patients à devenir responsables de leur santé.

Est-ce que les patients résistent à cette approche ?

Il y en a. Ce sont ceux qui ne sont pas sensibilisés aux démarches naturelles. Si le cancérologue ne m’a rien dit d’autre, j’en reste à ce que dit le cancérologue. Mais cela dépend aussi des effets secondaires subis par le patient et de l’importance qu’il leur accorde. Nous travaillons avec ceux qui veulent avoir le moins d’effets secondaires possible, ou ceux pour qui ces effets sont très durs à vivre. D’autres vont supporter d’être fatigués, d’avoir des nausées, ils s’en fichent…

Vous insistez dans votre livre sur la différence entre dépistage et prévention. Pourriez-vous nous expliquer l’importance de cette distinction ?

Ce qu’il faut comprendre d’abord, c’est que plus on dépiste, plus il y a de malades. Tant que tout l’argent public ira dans le dépistage, nous aurons de plus en plus de malades puisque, par définition, dépister veut dire trouver des malades.

Le seul argument qu’on peut trouver pour défendre le dépistage de masse tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, c’est le fait qu’on dépiste les gens plus tôt, donc on trouve leur maladie plus tôt, ce qui implique des traitements moins lourds.

Mais cet argument tombe lorsqu’on regarde les faits. Le dépistage de masse implique de la morbidité, voire de la mortalité. Les gens se retrouvent surmédicalisés. Ils vont prendre des traitements pour une maladie qu’ils n’auraient peut-être pas développée. Statistiquement, on sait que certaines personnes vont décéder d’autre chose avant que la maladie ne se développe. Pour d’autres personnes, on va jusqu’à créer des maladies par l’effet du stress causé à l’occasion des dépistages.

Aujourd’hui, à la moindre alerte, on dépiste les gens, on les biopsie, ce qui va créer un stress important. On crée alors des problèmes dont les patients ne meurent pas, mais ils sont meurtris physiquement, psychologiquement, par ce dépistage pour rien.

Au bout de la chaîne, on n’est pas très gagnant, en termes de mortalité, par rapport au dépistage pur. C’est pour cela qu’on est en train de revenir sur le dépistage du cancer de la prostate, le dépistage du cancer du sein, en se disant que finalement on crée peut-être plus de problèmes que l’on en résout.

Les discussions sur le sujet sont âpres, mais de plus en plus de scientifiques et de statisticiens critiquent le dépistage de masse. La vérité, c’est que ce dernier arrange beaucoup de professions : c’est intéressant pour les radiologues, c’est intéressant pour les biologistes et pour les vendeurs de médicaments, parce que plus on dépiste, plus il faudra soigner.

La prévention, c’est moins intéressant pour tous ces acteurs économiques, mais ce serait plus intéressant pour la sécurité sociale et pour les patients. En général, quand la sécurité sociale perd de l’argent, c’est que quelqu’un en gagne. Il n’y aujourd’hui aucune politique publique de prévention. On fait de la prévention du tabagisme et de l’alcoolisme, mais on laisse se développer d’autres causes de cancer en autorisant par exemple la multiplication des publicités pour les produits très sucrés.

Dans votre livre, mais aussi à l’occasion du congrès IPSN des 3 et 4 octobre 2015 (Pour retrouver l’ensemble des conférences du congrès, rendez-vous ici) où vous étiez orateur, vous préconisez la mise en place d’une médecine de prévention. Quelles en sont les grandes lignes ?

La seule chose efficace, c’est la répétition des messages. Il y a beaucoup plus de pubs pour le sucre que pour l’alimentation saine. Il faut mettre en perspective la prévention qui est faite pour les morts sur la route (4000 par an) et celle pour ceux qui meurent de cancer (385 000).

La sécurité routière a très bien fait passer les messages. On pourrait faire de même pour les cancers. Sur la route, 90 % des accidents ont une cause humaine ; pour le cancer, 5 % de la maladie est dû à la génétique. Le reste est lié aux facteurs environnementaux. Nos choix de vie et l’environnement ont donc une incidence directe et conséquente sur les cancers.

Même avec le gène BRCA1 qui provoque le cancer du sein, on obtient des résultats. C’est au niveau individuel qu’on réussit le mieux à prévenir les cancers. Le rôle des médecins est essentiel à ce niveau, ou celui des hygiénistes comme en Allemagne, ou des naturopathes quand ils sont bien formés.

Mais il y aussi l’environnement général. Comment faire changer de mode de vie un patient, si la majorité des publicités à la télévision lui martèlent que le soda est bon pour sa vitalité ou la barre de céréales utile pour les coups de mou ? Ce même patient pourra-t-il résister lorsque, dans un supermarché, il passera devant un rayon de vingt mètres de long comportant biscuits, friandises et autres sucreries ?

Nous devrions entraîner tous les acteurs économiques dans le sens de la prévention comme cela a été fait pour la route : on ne vante plus la vitesse des voitures, mais le confort de la conduite…

L’alimentation tient un rôle important dans l’accompagnement du cancer. Par quoi faut-il commencer (Par lire votre livre évidemment, mais avant même d’en commencer la lecture) ?

(Sur le sujet de l’alimentation, l’IPSN est partenaire d’une conférence qui a lieu en Belgique (Louvain-la-Neuve) avec le Pr Henri Joyeux, organisée par Au sein des femmes. Pour plus d’informations, rendez-vous ici)

En premier, il faut remettre en place une alimentation naturelle, c’est-à-dire la moins transformée possible. Il faut avant tout éviter la nourriture industrielle dans laquelle on trouvera typiquement des graisses trans, de nombreux additifs chimiques (conservateurs, colorants, exhausteur de goût…)

Tous ont des rôles néfastes, mais le problème, c’est l’effet cocktail. L’accumulation de ces produits a un rôle dévastateur sur la santé.

En choisissant nos fournisseurs (bio de préférence), et en transformant nous-mêmes la nourriture, nous évitons naturellement de nombreux pièges de l’alimentation moderne. Par exemple, cette démarche permet spontanément de supprimer les laitages…

En deux, et j’aurais pu le mettre en premier, il est impératif de réduire les sucres et notamment les pâtes, les biscuits, le pain blanc… Réduire le sucre c’est réduire l’obésité, le diabète et le cancer. Cela a aussi un impact sur la glycation, le phénomène de caramélisation.

En trois, j’hésite entre la cuisson et les mauvaises graisses. Éviter absolument les graisses trans, les margarines et les faux beurres. Mais la cuisson en douceur, c’est important aussi !

Parmi tous les éléments que vous développez dans votre livre, vous parlez peu de l’activité physique, pourquoi ? Est-ce pour le tome II ?

Pour la réédition peut-être. Nous n’avons que peu parlé du sport et de l’activité physique, car il ne s’agit pas de notre spécialité, mais ce serait intéressant d’intégrer les études menées dans ce domaine dans une nouvelle édition ou un tome II. Car nous restons persuadés de l’importance de l’activité physique. Une marche énergique d’une demi-heure par jour reste l’un des meilleurs moyens de prévention contre le cancer.

Merci Eric Ménat !

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