à fond dans l’mur

24 mai

Cancer : nous allons heurter le mur

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L’American Cancer Society révèle que le traitement du cancer a coûté aux États-Unis 87,8 milliards de dollars en 2014 .
Cela représente le prix de 45 porte-avions Charles-de-Gaulle  !

Le seul traitement du cancer aux USA coûte annuellement le prix de 45 porte-avions Charles-de-Gaulle (chaque porte-avions pèse 4 fois le poids de la tour Eiffel et coûte le prix de 100 000 lingots d’or pur).
C’est la première fois que ce chiffre est publié. Il est effrayant. Il est supérieur au PIB (produit intérieur brut) de 130 pays dans le monde (dont le Luxembourg, la Birmanie, Cuba, le Cameroun).
En France, la dynamique est la même. Selon le rapport annuel de l’Assurance maladie, le coût des traitements contre le cancer a augmenté de près de 40 % entre 2010 et 2013. Il est passé de 11,5 milliards d’euros à 15,21 milliards d’euros (derniers chiffres disponibles) !
Ces chiffres indiquent pour moi une chose aussi certaine qu’inéluctable : c’est le début de la fin.
À court ou moyen terme : la faillite
Le coût des traitements anticancéreux doit doubler dans les six ans. Il pourra tripler, quadrupler sans doute, dans les dix ou quinze ans.
Tôt ou tard, le cancer ne pourra tout simplement plus être pris en charge par les assurances maladie, qu’elles soient publiques ou privées.
« La prochaine molécule qui devrait arriver en France pour le traitement du mélanome coûterait plus de 100 000 euros par an pour chaque patient traité », expliquait la Ligue contre le cancer dans la presse en 2015.
Il faut bien comprendre que le Père Noël n’existe pas.
À un moment ou à un autre, il faut bien que quelqu’un paye. Les Américains se gargarisent de la fortune des milliardaires d’Internet, du pétrole et de Wall Street. Mais il faudrait confisquer la totalité de la fortune de Bill Gates pour financer uniquement les dépenses liées au cancer pendant douze mois.
Or le cancer ne représente qu’une toute petite partie des dépenses engagées pour l’ensemble des maladies (10 % en France).
La dette explose
Il y a aussi l’Alzheimer, le diabète, les problèmes cardiaques en tout genre, les handicaps, les accidents, la dépression et la multitude des maladies orphelines (et j’en passe).
Avec le vieillissement de la population et la pollution, ces maladies sont toutes en augmentation rapide.
« Le trou de la Sécu se creuse : depuis quarante ans, les dépenses augmentent plus vite que les recettes, notamment en raison du chômage de masse… Le trou est huit fois plus profond qu’en 1996, quand la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) a été créée pour l’éponger », expliquait récemment le ministère.
De nouveaux impôts (CSG et CRDS) ont été créés, puis augmentés constamment. En vain.
Une hausse des coûts qui s’accompagne d’un effondrement de la satisfaction
Si encore ces augmentations avaient suscité plus de satisfaction chez les médecins, infirmières et personnels soignants ! Mais, bien au contraire, les uns comme les autres se sentent de plus en plus maltraités, et beaucoup le sont effectivement.
Ces professions, qui comptaient parmi les plus prestigieuses, admirées, respectées, du monde (combien d’enfants n’ont-ils pas rêvé de vivre un jour l’héroïsme de l’infirmière, du chirurgien ?), sont devenues la source des plus grandes frustrations.
« Le surmenage, la déprime, le dénigrement gouvernemental, les difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale, et principalement l’activité elle-même (des médecins) créent le burn-out », explique le rapport du Dr Yves Léopold publié l’année dernière.
Un médecin du Nord, Pierre Goidin, s’est fait fracturer la jambe lors d’une agression par trois jeunes qui faisaient du bruit devant son cabinet. Il a déposé plusieurs plaintes et réclamé des mesures de protection. En vain. Chaque jour, les jeunes reviennent et le narguent, il n’a eu d’autre recours que de lancer une pétition sur le site « mesopinions.com » pour espérer recevoir du soutien de la part des autorités !
Chez les infirmiers, les grèves se succèdent, émaillées de suicides, ainsi que chez les internes (étudiants en médecine) qui seraient, selon un tout récent rapport, « victimes de maltraitance, violences verbales, harcèlement », tout comme les élèves aides-soignants.
« On est de bons petits soldats en train de mourir sur le terrain », déclarait un infirmier à la presse le 14 septembre 2016, lors d’une de ces grèves dont on a cessé de tenir le compte .
Il est trop tard pour tirer la sonnette d’alarme
Bien sûr, il y a là une part de chantage et de rhétorique syndicale. Mais il serait bien naïf de supposer que les efforts financiers colossaux consentis, et qui vont en augmentant, sont en train de préparer un avenir rose et serein pour notre système de soins.
Cet emballement des coûts du système, qui va de pair avec une souffrance grandissante du personnel, on le retrouve dans tous les pays industrialisés vieillissants, avec une jeunesse frappée de plein fouet par la hausse des prix, le chômage de masse et une certaine vision de la solidarité qui leur a été inculquée, où chacun cherche à tirer un maximum du système, pourvu qu’il estime y avoir « droit ».
Tous les ingrédients sont réunis pour que le système de santé cesse de fonctionner dans l’état où nous le connaissons aujourd’hui. Nous avons connu les premiers déserts médicaux, les restrictions de soins, les déremboursements ; il faut se préparer à en connaître d’autres, qui toucheront par contagion des maladies de plus en plus graves, même si, bien sûr, cela nous paraîtra inhumain.
La question n’est plus de savoir si le château de cartes va s’effondrer, elle est de savoir quand.
D’où l’importance, plus que jamais, de la prévention.

source : santé nature innovation 06/06/2017

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